Antique et universel objet de vénération, source de dictons populaires, la pierre est parée de qualités hors du commun et sa nature parfaite lui confère un caractère sacré et apparaît comme modèle d’éternité. Avec son ouvrage intitulé Le Symbolisme de la pierre à travers l’histoire, De la Bible à la pierre philosophale, aux éditions Trajectoire, Jean-François Blondel retrace son rôle dans l’histoire de l’humanité et de la franc-maçonnerie où elle est devenue un des principaux symboles à interpréter quoiqu’ayant rarement fait l’objet d’une étude systématique.

     C’est chose faite avec cet ouvrage richement illustré consacrant une première partie à la pierre comme symbole d’éternité et mémoire de l’humanité et matériau de construction où l’on redécouvre menhirs, dolmens et mégalithes, les aérolithes et leurs légendes, l’écriture de la loi de Moïse à Bouddha ,  les messages laissés dans la pierre par les bâtisseurs de cathédrales, les secrets de la lithothérapie et de la lithomancie, les pierres qui ont scellé le cours de l’histoire telle celle du « Couronnement en Ecosse, celles symbolisant l’acte fondateur de la relation de l’homme à Dieu avec Jacob, Noé, Zorobabel , celle de la fondation, Eben Shetiyya dans le Zohar et celle de l’angle, Eben Rosh Pinnah ou Hajar-er-Runk dans les traditions hébraïque et islamique.

     La seconde partie s’interroge sur les raisons ayant fait de la pierre, dans la franc-maçonnerie,  un symbole de ce qui est perfectible grâce au travail de l’homme sur la matière et sur lui-même. Par une analogie subtile avec la pierre des maçons opératifs, la franc-maçonnerie spéculative a repris l’image de la pierre façonnée prenant forme sous le ciseau du tailleur de pierre et devenant une pierre taillée de belle finition l’image de l’homme vertueux qui veut corriger ses imperfections et ses vices pour s’élever spirituellement et peut-être prendre un jour place dans le « temple de l’humanité ». Une deuxième partie où l’on trouvera également un aperçu sur les pierres « oubliées » de la franc-maçonnerie, repris et développé en annexe : le perpend ashlar ou pierre parpaigne, le Broached Turnell ou l’énigme de la « french pierre cubique à pointe », le dinted ashlar, dans la maçonnerie de métier, et le rough ashlar. Mais surtout matière à réflexion, au propre comme au figuré de par les lois de l’analogie, sur les pierres brute, cubique et cubique à pointe dans les grades bleus, hauts grades  et de perfection ainsi que sur la clef de voûte et la pierre de perfection et les pierres d’agate, de jaspe et de porphyre.

     La troisième partie s’intéresse à la pierre philosophale, qui n’est pas une pierre mais substance et concept philosophique se rattachant à l’étape ultime de la quête alchimique, échappant à la pensée rationnelle, à la fois opérative, mystique et « bien mystérieuse.. ». Occasion pour Jean-Marie Blondel de revenir sur les étapes du Grand Œuvre et la quête philosophale à travers les âges ainsi que sur l’alchimie spirituelle et la franc-maçonnerie.

     Un ouvrage dense complété par des annexes comprenant outre l’aperçu des pierres « oubliées » de la franc-maçonnerie précédemment évoqué, une étude des relations entre la clef de voûte de la maçonnerie de la marque et le « caveau voûté » de la maçonnerie de l’Arche Royale » ainsi qu’ une réflexion sur le mot V.I.T.R.I.O.L. des cabinets de réflexion maçonniques faisant référence à  une « pierre cachée des sages » afin de comprendre pourquoi on parle ici de « pierre » et pourquoi elle est « cachée ». Une pierre cachée qui reste en conclusion « quelque chose de difficilement imaginable pour nous »tant que l’on n’est pas arrivé au terme, s’il en est un, de notre quête initiatique.

 Le Symbolisme de la pierre à travers l’histoire, De la Bible à la pierre philosophale

Editions Trajectoires

20 €

                 

Blondel Jean-François             

    Engagé depuis longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles, l’auteur a tout d’abord étudié les initiations de métiers à travers le compagnonnage. C’est ainsi qu’il a publié Mystique des tailleurs de pierre, aux éd. du Rocher (1997), Les Outils et leurs symboles, aux éd. Jean-Cyrille Godefroy (2004). Cela l’a conduit à aborder ensuite le symbolisme architectural où il s’est intéressé à la construction des cathédrales : Le Moyen Âge des cathédrales aux éd. Trajectoire (2007), ainsi qu’aux mythes et légendes auxquels elles sont associées : Les Légendes des cathédrales aux éd. Jean-Cyrille Godefroy (2002). Il s’est interrogé sur le renouveau architectural de la Renaissance et a publié Les Châteaux de la Loire, drames et passions aux éd. Trajectoire (2008). Jean-François Blondel est également l’auteur de nombreux articles dans des revues traditionnelles telles que Compagnons & maîtres d’œuvre, Villard De Honecourt et Liber Mirabilis. Il a écrit un conte alchimique : Le Secret d’alchimie, publié aux éd. Liber Mirabilis, à Carcassonne, qui lui a valu le prix Liber Mirabilis 2008.