"Le monde se divise en trois catégories de personnes : un très petit nombre qui produit les événements, un groupe un peu plus nombreux qui veille à leur exécution, et enfin une large majorité qui ne comprendra jamais ce qui s'est passé en réalité"

Nicholas Butler, Membre du Council on Foreign Relations

    Neuvième opus des aventures d’Antoine Marcas, Le Règne des Illuminati utilise les mêmes ficelles que précédemment et que l’on retrouve hélas que trop fréquemment depuis un certain Da Vinci Code.

     Pour autant, la lecture reste aussi plaisante que dans les précédents tomes et l’enquête historique permet de revisiter le passé, en l’occurrence celui de la Terreur ou l'assassinat de Kennedy, et d’éclairer le présent d’une nouvelle lumière qui devrait illuminer la nouvelle génération de lecteurs dont un tiers croit en l’existence des Illuminati et qui pratique sans toujours les décrypter les nouvelles technologies comme l’eye tracking se multipliant sur les tablettes et autres smartphones.

     Alors quoi qu’en disent ou en écrivent, j’allais écrire « pensent », les éminents critiques de l’Express, de RTL ou d'ailleurs, ce nouvel opus est à saluer pour ce sens du suspense qui ne prend pas une ride et constitue une véritable lecture plaisir en permettant de voir les effets pervers d’une société où la maîtrise des esprits devient l’enjeu pervers d’une certaine démocratie à l’américaine et le conspirationnisme un attrape-nigaud qui sert les intérêts de groupes à l’existence plus avérée que celle de soi-disant successeurs des Illuminatis de Bavière. L'incursion dans le champ scientifique des neurones miroirs et des travaux du professeur Jean-Michel Oughourlian ajoute à la densité et à la qualité du roman.

     On regrettera juste les nombreuses coquilles, voire les phrases mal construites (« Et puis, lui qui avait passé sa vie à confesser les autres, ceux qui avaient besoin d’être écoutés » page 225) ou les fautes d’orthographe (« plan de fabrication des mines antipersonnel (sic) page 261) qui deviennent malheureusement une mauvaise habitude de Fleuve Editions et qui font un peu désordre pour un tel best-seller.

Long règne au duo choc et pop qui met à mal nombre des pseudo-croyances de nos contemporains.