« Je suis moi-même l’un des enfants de la veuve, un louveteau, j’ai été nourri dans l’horreur du meurtre d’Adoniram et dans l’admiration du saint Temple, dont les colonnes ont été des cèdes du mont Liban. Sérieusement ; la maçonnerie est bien dégénérée parmi nous… J’ai produit mes titres, ayant heureusement dans mes papiers, un de ces beaux diplômes maçonniques, plein de signes cabalistiques familiers aux Orientaux.»

Le Voyage en Orient

 

    Les lecteurs qui voudront en savoir plus et de manière plus vivante que d’imposantes et fatigantes catéchèses et exégèses pourront se reporter à un des textes fondateurs de la Franc-Maçonnerie, Le Mythe d’Hiram et l’initiation de Maître Maçon, sous-titré L’histoire de la reine du matin et de Soliman, prince des Génies de Gérard de Nerval aux éditions MdV Editeur.

 Adaptée

    L’écrivain protéiforme que fut Nerval, qui écrivit son Voyage en Orient d’où est extrait ce texte en 1851, affirmait dans une lettre au docteur Blanche datée du 22 octobre 1853, avoir été initié aux mystères druzes en Syrie et atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie intiatique. Nerval, qui à l’accusation d’impiété répondait : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. » a créé une œuvre teintée d’ésotérisme, de symbolisme et de poésie comme le prouve notamment ce texte d’une lecture aussi plaisante qu’aisée et dépaysante.

    En Egypte, où il séjourna entre janvier et mai 1843 avant de visiter le Liban et la Turquie, Nerval recherchait la source de l’ésotérisme dans la mesure où pour lui : « Religion, morale, industrie, tout partait de ce centre à la fois mystérieux et inaccessible, où les génies des premiers temps ont puisé pour nous la sagesse.

    Dans sa version de la tragédie d’Adoniram, maître d’œuvre de Salomon, l’écrivain offre une version détaillée du mythe, aspect essentiel de l’initiation à la maîtrise, et le transmet sans le trahir sous la forme d’un récit habité par d’innombrables personnages et en relatant des scènes qui n’apparaissent nulle part ailleurs mais donnant corps et âme à des destins pourtant archi connus mais qui n’auront jamais été aussi habilement rendus dans leur contexte historique, leur quotidien et leur spendeur.

    Un récit enchâssé, l’histoire est raconté dans un café d’Istanbul pendant plusieurs nuits, rappelle subtilement les Mille et une Nuits et ménage le suspens dans un récit qui attache le lecteur pendant 125 pages et fait voir les motivations de Salomon, Balkis et Adoniram ainsi que celles des trois mauvais compagnons , l’Hébreu Méthousaël, Amrou le Phénicien et le Syrien Phanor, sous un jour, et des nuits..., nouveaux.

 

A lire ou relire pour ne pas oublier la beauté de ce récit fondateur de la mythologie maçonnique.

 

 

MDV Editeur

11 €

ISBN 9782355990069