C’était promis, juré, votre Mercurien préféré devait absolument à lui-même et à ses chers et dévoués lecteurs rendre compte du numéro deux du volume 1 de Critica Masonica. Un retard impardonnable dû à une surabondance de lectures estivales pour beaucoup nettement moins intéressantes et la volonté manifeste de ne rendre compte que d’ouvrages lus (horresco referens).

 

    Avec ce numéro paru en juin, Jean-Pierre Bacot et l’équipe qui l’entoure continuent l’aventure éditoriale consistant à publier une revue académique semestrielle d’une rare qualité livrant des « articles originaux concernant la franc-maçonnerie, les autres sociétés fraternelles ou tout élément pouvant en éclairer le fonctionnement en privilégiant les approches aujourd’hui négligées (place des femmes, géographie, sociologie, comparatisme international, biographies…) » et des notes de lecture.

   Cette deuxième mouture s’ouvre sur deux articles historiques concernant les conditions de réveil des ordres de sagesse du rite français à l’aube de la Révolution par Colette Léger avant que Bérengère Kolly analyse en philosophe le parcours historique de la notion de sororité en s’appuyant notamment sur les saint simoniennes, Virginia Woolf (l'unique coquille bien excusable au nom de la belle ne chagrinera que les esprits chagrins) ou du MLF.

    Soucieux de proposer des articles plus actuels pour ce nouveau numéro Critica Masonica « avec un souci d’originalité qui n’exclut pas la rigueur » poursuit avec une étude du polar maçonnique de  Clara Saphronia en analysant ses codes et mettant en lumière ses vedettes et dont une des caractéristiques semble être l’écriture à quatre mains comme deux de ces auteurs si plaisants et que vous connaissez si bien.

   Jiri Pragram, créateur d’Hiram.be « Le blog maçonnique » prend la relève pour retracer la genèse et le fonctionnement de la maçonnerie en ligne qui autorise des rencontres inédites (je confirme hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère), fait circuler une information foisonnante mais  souvent redondante tout en apportant progrès et régressions (là aussi, je confirme mais je ne citerai pas de nom, quoique…).

  Céline Bryon-Portet poursuit la partition avec un article aussi passionnant que dense intitulé Des diverses fonctions communicationnelles du silence en franc-maçonnerie où l’auteure revient sur la place qu’occupe le silence dans la plupart des sociétés initiatiques et son rôle dans le processus initiatique en opposition aux tendances expansives promues par la société de communication… (Coupez-moi si je ne me trompe pas). Nous entendons, au sens du XVIIème siècle,  grâce à elle différemment comment « le silence traduit, dans la voie maçonnique, l’apprentissage d’une forme singulière de communication et participe de la formation d’un mode de représentation modifié ».

   La nouvelle rubrique intitulée gnostiquement Lire et relire recense des ouvrages spécialisés récents ou publiés depuis plusieurs années avec bonheur et débute avec un article de Jean-Pierre Bacot intitulé Communiquer l’imaginaire. Le renouvellement de l’offre maçonnique par la découverte de textes et de rituels anciens  où l’auteur met en perspective le mouvement que ces publications accompagnent au-delà de leur intérêt documentaire en présentant un large éventail des livres traitant de plusieurs systèmes maçonniques  comme le REAA, les deux versions (standard et moderne) du Rite d’Ecosse, le Rite Français ou le Rite de Memphis-Misraïm réactivé par Robert Ambelain et depuis éclaté en multiples structures.

   Une aventure éditoriale intelligente, esthétique et courageuse qui ne demande qu’à continuer, d’autant que votre Mercurien préféré devrait participer à un futur numéro... s’il en est capable. Mais surtout si les lecteurs  envoient leurs abonnements (90 % des revenus de la revue) 2014 dès aujourd’hui : 35 € ou davantage pour les lecteurs soucieux de soutenir cette action éditoriale d’envergure.

Attention : Merci d'adresser votre règlement à Alain Artigaud, 136, rue Championnet, 75018 Paris, nouveau trésorier de l'association.

L'ordre est inchangé : "les amis de Critica".

Le numéro 3-4 entre dans les dernières phases de sa préparation.

 

Et c’est ainsi que Critica Masonica est grande.