" La Franc-Maçonnerie n'est pas, à proprement parler, une société secrète"

Alexandre Adler, page 6.

 

Les parutions estivales sur les sociétés secrètes se poursuivent avec, après le Monde des Religions, l’Express qui change ses traditionnels marronniers en feuilles de choux à grand tirage pour mieux allumer la cheminée du fantasme du lecteur non averti et celle, réelle, du lecteur qui l’est davantage.

    D’où un sous-titre capable d’attirer le chaland, Le vrai pouvoir des sociétés secrètes. Et là, les partisans de la théorie du complot vont être déçus en s’apercevant que les sociétés à mystères et à secrets sont non seulement aussi anciennes que le monde dans toutes les cultures mais qu’elles ne se résument pas à la Franc-Maçonnerie ou aux Illuminati mais regroupent dans leur sein la Cagoule ou l’Opus Dei qui auraient plutôt tendance à être plus sectaires que celles habituellement décriées.

    Car les sociétés secrètes  étudiées dans ce grand format n°6 de l’Histoire en Images ne sont pas seulement initiatiques mais aussi politiques et l’on retrouvera les Haschischins en compagnie de la Sainte –Vehme, les Carbonari avec la Main Noire serbe et la Cagoule avec la loge P2 sur les listes de laquelle apparaissait un certain Berlusconi.

    De quoi dégoûter du secret si ceux de la Franc-Maçonnerie n’étaient pas éventés au gré des publications plus ou moins objectives depuis bientôt trois siècles. Et dégoûter les anti-maçons avec les propos d’Alain Bauer affirmant que « l’idée d’un pouvoir franc-maçon est absurde » et que « le Grand Orient a vocation à contribuer au progrès de la société, de manière ouverte et visible ».

    Et moi qui croyais qu’ils contrôlaient le monde de manière encore plus occulte que les Illuminati, la conférence Bilderberg ou les Skull and Bones réunis de nouveau pour l'occasion de ce numéro qui espérons-le restera spécial.

    Un numéro comprenant d'ailleurs des articles aux sous-titres prouvant, s’il en était besoin,  que l’on peut être journaliste et adorer les clichés comme « Eleusis, c’est culte », « Avec Orphée, les indignés » ou « Grandeur et destruction du Temple ». Une lecture estivale donc, gorgée d’images pour ne pas trop fatiguer le lecteur en vacances, mais qui au vu des deux plus grandes recherches sur Google (11 septembre et Illuminati en tête) a encore de beaux jours devant elle.

   Rassurez-vous, après le numéro 4 de la collection Enigmes de l’Histoire, les sociétés à secrets n’en auront plus aucun pour vous et la curiosité du profane comme celle de l’initié pourront enfin se tourner vers l’indicible et les vertus du silence.

 

Et c'est ainsi que la presse peut mieux faire.